Au carrefour des étoiles

« Au carrefour des étoiles » est un roman du célèbre écrivain américain Clifford D.Simak (qui a écrit aussi « Demain les chiens »), l’un des auteurs appartenant à « l’âge d’or de la science-fiction ». Ce roman (qui a obtenu le Prix Hugo en 1964) a été réédité en avril 2021 par les Éditions J’ai Lu dans la collection « Nouveaux Millénaires », avec une nouvelle traduction de Pierre-Paul Durastanti, et nous permet de (re)découvrir un homme à la vie bien étrange puisqu’il ne semble pas vieillir et qu’il fait des rencontres extraordinaires alors que le reste du monde l’ignore.

Au carrefour des étoiles - Clifford D.Simak - J’ai Lu Nouveaux Millénaires
Au carrefour des étoiles - Clifford D.Simak - J’ai Lu Nouveaux Millénaires

Rencontres avec l’Inconnu

Un commencement mystérieux

Le roman commence avec la conversation entre l’agent du gouvernement Claude Lewis et un psychologue, alors que ce premier raconte à son interlocuteur l’étrangeté de son enquête qui concerne Enoch Wallace, le propriétaire d’une ferme isolée dans le Wisconsin aux États-Unis, un homme dont on dit qu’il serait né en 1840 et qu’il se serait engagé dans l’armée d’Abraham Lincoln !

Un secret bien caché

La ferme où vit Enoch semble elle-même inchangée depuis longtemps, depuis plus d’un siècle peut-être, mais les quelques habitants du coin ne semblent pas s’en inquiéter même si on aperçoit parfois des lumières étranges provenant de ce lieu hors du temps.

Personne ne sait qu’en réalité, cet endroit renferme le secret le mieux gardé sur Terre : c’est une sorte de relai spatial, un endroit où des voyageurs des étoiles transitent régulièrement, et Enoch est le gardien de ce « carrefour des étoiles ».

Solitaire malgré des rencontres extraordinaires

Enoch a la chance de pouvoir rencontrer des êtres extraordinaires, des aliens provenant du plus profond de l’espace et noue même des liens d’amitié avec certains d’entre eux.

Cependant, la solitude lui pèse souvent malgré ses contacts avec des voyageurs extraordinaires provenant d’autres mondes et ses souvenirs le rendent nostalgique parce qu’il n’a que très peu de contacts réels avec les humains, ses frères, sauf le facteur et Lucy, une jeune sourde muette (à la famille frustre et violente) qui semble elle-même vivre dans un monde hors de la réalité.

« Il la croisait souvent lors de ses promenades quotidiennes et, peu à peu, ils avaient noué une relation qui, outre leur condition commune de solitaires et d’exclus, se fondaient sur le fait que chacun d’eux possédait un monde qui lui était propre et des univers intérieurs leur donnant un aperçu sur ce que peu d’individus voyaient. »  (Clifford D. Simak)

Tout est bien dans presque le meilleur des mondes

Tout se déroule comme sur des roulettes jusqu’au jour où tout bascule.  Alors qu’Enoch prend la défense de Lucy, battue par son père, il s’attire l’hostilité de sa famille et de certains habitants des lieux.

D’un autre côté, l’agent Lewis qui ne souhaitait pas vraiment se frotter à ce qui se passait dans ce coin reculé, tout en continuant à enquêter discrètement, décide soudain d’agir, sans savoir qu’il va déclencher des événements aux conséquences inattendues et graves, mettant en danger Enoch lui-même, sa mission et l’avenir de la Terre et de ses habitants. Et d’autres nuages sombres gravitent au-dessus de la tête d’Enoch…

Humanisme et réflexion

Clifford Donald Simak (1904-1988) nous présente une époque empreinte de nostalgie à la rencontre d’un futur potentiel (un présent qui semble un passé pour nous), une réflexion humaniste sur la vie, l’être humain, sa confrontation avec l’inconnu et la différence.  

C’est aussi une vision assez optimiste et idéalisée du monde malgré sa critique de la violence et de la guerre.

« La guerre tenait-elle d’une réaction instinctive dont les individus lambda portaient tout autant la responsabilité que les politiciens et les soi-disant hommes d’État ? » (Clifford D. Simak)

C’est également un beau roman bien qu’assez utopique (à mon avis), un texte agréable à lire et poétique, écrit par l’un des écrivains les plus brillants de sa génération, une œuvre qui reflète aussi la pensée d’un auteur de l’époque.

« L’espace d’un instant, il lui sembla qu’il effleurait une vérité cruciale qui lui apportait un réconfort et une grandeur dont il n’avait jamais connu l’équivalent. » (Clifford D. Simak)

Il me semble que l’écrivain écrirait différemment aujourd’hui, notre époque étant différente par bien des aspects de celle qu’il a connu, même s’il conserverait peut-être sa foi en l’humanité.

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