L’espace d’un an – Space-opera de Becky Chambers

« L’espace d’un an » (“The long way to a small, angry planet”) est un sympathique space-opera de Becky Chambers (L’Atalante en 2016, et Le Livre de Poche en 2020), premier tome de la série « Les Voyageurs » axée sur les relations que pourraient entretenir Humains et différentes espèces extraterrestres.

L’espace d’un an de Becky Chambers - L'Atalante
« L’espace d’un an » de Becky Chambers © L'Atalante
L’espace d’un an de Becky Chambers - Le Livre de poche
« L’espace d’un an » de Becky Chambers © Le Livre de Poche

Rencontres interespèces dans l’univers étoilé

Un voyage original pour une vie nouvelle

La jeune Rosemary réussit à se faire embaucher sur un vaisseau tunnelier nommé « Voyageur » qui, comme son nom l’indique, permet de creuser des tunnels inter-dimensionnels dans l’espace pour réduire le temps de trajet entre divers systèmes solaires ou galaxies éloignées les unes des autres.

Alors que Rosemary a caché sa véritable identité et qu’elle a triché sur son curriculum vitae, elle découvre qu’elle doit apprendre à travailler et à vivre avec des représentants de différentes espèces de la galaxie qui ne ressemblent pas vraiment à des humains !   😉  Ces êtres attachants deviendront même ses amis, le temps d’un voyage ou l’espace d’un an.

Une grande diversité culturelle

L’écrivaine nous décrit avec une imagination débordante de nombreuses planètes et des peuples divers avec leurs particularités biologiques et culturelles.

Sissix, par exemple, la pilote du « Voyageur », est une Aandriske couverte d’écailles vertes avec des mains griffues et des plumes multicolores sur la tête, le docteur Miam médecin mais aussi cuisinier de l’équipage ressemble à un amphibien avec des moustaches et a six mainpieds :

« Elle (Rosemary) repensa aux images d’animaux terriens qui, enfant, la faisaient rêver : croiser une loutre avec un gecko et faire marcher le rejeton comme une chenille à six pattes aurait donné une créature assez proche du nouveau venu. » (Becky Chambers).

Lovey, l’IA du vaisseau, aimerait quant à elle, pouvoir se transférer dans un corps de chair et de sang ! De plus, le capitaine humain du « Voyageur » nommé Ashby Santoso est amoureux de Pei appartenant à l’élégante race alien des Aéluons. Et ce n’est pas fini…. 😉

Tolérance et respect de l’autre

Alors que l’Union Galactique rassemble diverses races spatiales, on se rend compte que la race humaine n’y est pas prédominante et a dû apprendre à se faire accepter au sein de ce cercle fermé.

Mais on prend vite conscience que dans le vaisseau « Voyageur » comme dans l’espace, les différentes espèces ont dû apprendre à se connaître et à vivre ensemble alors que chacune d’entre elles possède son propre système de pensée, ses codes et ses valeurs…

L’éducation, l’amour ou le sexe, la famille, la manière de se nourrir ou de se vêtir, tant d’aspects culturels qui peuvent être différents d’un peuple à un autre, nécessitent de faire preuve de tolérance et de respect de l’autre.

L’écrivaine insiste évidemment sur ces relations interespèces et même interindividuelles en abordant de nombreux thèmes qui posent question dans notre propre société (identité sexuelle, clonage, intelligence artificielle…).

Et pourtant, malgré tout ce beau monde très sympathique, il existe quand même un peuple d’extraterrestres porté sur la violence et intolérant : les étranges Torémis.

« Difficile aussi de se fier aux Harmagiens, qui n’avaient pas de jambes pour marcher, comme aux Aandrisks, avec leurs griffes de carnivores, ou aux Quélins, qui blessaient leur propre chair par vanité. Non, impossible de se fier à aucun d’eux. Mais les haïr, oui. Ça, c’était facile. » (Pensées d’un Torémi – Becky Chambers).

Et c’est justement vers leur monde que le vaisseau « Voyageur » se dirige pour leur future mission…

En conclusion

Ce tourbillon d’espèces nouvelles inventées par Becky Chambers est assez spectaculaire, d’autant plus que l’auteure a vraiment élaboré les us et coutumes de ces nouveaux peuples comme si elle les avait rencontrés au détour d’une galaxie.    😉

La nouvelle « famille » de Rosemary est attachante et les relations entre ses membres est souvent source de grands sentiments. Mais certains peuvent reprocher à l’écrivaine de construire un monde de « bisounours » parce que tout semble se passer au mieux dans le meilleur des mondes.

Il n’empêche que « L’espace d’un an » est un roman agréable à lire et que, pour une fois, il nous permet de rêver à un avenir positif, loin de toute dystopie ou roman apocalyptique actuellement à la mode au sein de la littérature de science-fiction, en mettant en avant des relations prometteuses avec des espèces aliens…

Pour en savoir plus

Ce roman de Becky Chambers qui a obtenu en 2017 le Prix Julia Verlanger appartient à une série intitulée « Les Voyageurs » (Wayfarers) pour laquelle l’écrivaine a également reçu le Prix Hugo de la meilleure série (en 2019).

Les tomes suivants ont été publiés pour l’instant en français en grand format aux éditions L’Atalante (Collection La Dentelle du cygne) :

  • Libration (“A Closed and Common Orbit ”)
  • Archives de l’exode (“Record of a spaceborn few ”)
Libration - Becky Chambers - L'Atalante
Libration - Becky Chambers © L'Atalante
Archives de l’exode - Becky Chambers - L'Atalante
Archives de l’exode - Becky Chambers © L'Atalante

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