Seconde humanité

Avec « Seconde Humanité », Adrien Mangold, jeune ingénieur et écrivain français, nous a proposé un magnifique (double) roman paru en 2018 aux éditions de L’Homme Sans Nom (HSN) : un récit post-apocalyptique et un thriller futuriste émouvant, une petite perle à ajouter à vos colliers de lectures.

Une humanité en détresse qui ne perd jamais espoir

L’assaut mondial des mers et des océans déchaînés

Seconde humanité de Adrien Mangold - Editions HSN
"Seconde Humanité" d'Adrien Mangold © éditions l'Homme Sans Nom (HSN) - Illustration de couverture de François-Xavier Pavion

Dans un futur apocalyptique, la (plus ou moins) brusque montée de toutes les eaux du globe a détruit la plupart des villes, des milliards de vie ont été effacées de la surface de notre planète ; c’est ce que les humains survivants ont appelé « Le Grand Bleu ».

Après une guerre fratricide, l’humanité rescapée s’est alors lancée dans de grands projets architecturaux pour reconstruire le monde.

Une nouvelle épreuve pour l’humanité

César Séfria, un jeune chercheur en biologie, vit dans la ville de Logosme, une nouvelle cité géante construite en Australie. Il est heureux car il vient tout juste d’épouser Lucie, la femme de sa vie.

Il est en lune de miel lorsqu’il apprend que le virus sur lequel il travaillait avec son collègue Samuel, s’est échappé accidentellement de leur laboratoire (Je vous laisserai découvrir comment).

Premiers morts, premières larmes, premières tragédies. L’épidémie se propage à une vitesse fulgurante. Inexorablement. Trouver un vaccin devient urgentissime alors que les morts s’accumulent et que le chaos social menace de s’installer.

Les chercheurs, hélas, peinent à trouver l’antidote, et César, désespéré et désabusé, commence alors à lire l’étonnant manuscrit qu’on lui a remis lors de son mariage : un récit exposant les évènements qui se sont déroulés quelques générations auparavant.

César espère en effet pouvoir y trouver la clé de la survie de l’humanité, comme l’expéditeur anonyme du manuscrit le lui a laissé sous-entendre via une lettre jointe …

Deux romans en un seul

L’écrivain nous propose ici un concept très original : un second roman lié au premier, un livre enchâssé dans un livre ! Et chacun d’entre eux possède même une typographie différente, un style particulier.

Retour sur le passé

En lisant l’étrange manuscrit (le fameux roman inséré au centre de l’ouvrage), vous découvrirez en même temps que César, le parcours de plusieurs êtres humains de l’époque du Grand Bleu, lorsque les eaux montaient et que les populations s’asphyxiaient, quand deux coalitions se disputaient les ressources essentielles à la survie de tous.

Vous apprendrez que le dénommé Matis Harlong dit « le Sélénite », un soldat albinos un peu rebelle proposait ses compétences militaires au camp le plus offrant (l’Alliance ou la Fédération), et qu’il a un jour croisé sur sa route une étonnante fillette de sept ans nommée Pino…

Vous ferez aussi la connaissance de Lázaro Malorn, un archiviste mexicain enrôlé de force dans l’armée, et des « Mademoiselles », mystérieuses habitantes des eaux et guerrières aux objectifs ambiguës.

Mais existe-t-il vraiment, dans ce manuscrit, la réponse miraculeuse qui pourrait sauver l’humanité endeuillée ?

Mon avis

J’ai beaucoup aimé l’ensemble de l’ouvrage et j’ai apprécié l’originalité de cette mise en abyme d’un roman dans un roman. A vrai dire, j’ai préféré le roman enchâssé (« Par-delà les montagnes…et bien plus encore ») qui m’a paru plus important (en nombre de pages) et plus passionnant.

J’ai suivi avec un véritable engouement et une certaine émotion les aventures mouvementées de Matis et Pino.

Tout en évoquant certaines calamités – je ne parle pas ici de l’apocalypse marin -, mais des catastrophes que peut rencontrer toute culture humaine au cours de son histoire (guerre, épidémie, répression, intolérance…), Adrian Mangold souligne les errances et les défauts d’une humanité prédisposée à la violence, une humanité qui pourrait s’autodétruire tout en détruisant sa planète, une planète qui, elle, pourrait un jour se venger de tous les traumatismes que l’Homme lui a causés…

L’écrivain, via son double récit à la fois porteur de désespoir et d’espérance, fait également preuve d’une imagination fertile et d’un indéniable talent en nous proposant sa vision personnelle des villes du futur et celle d’une société au bord de l’implosion.

Mais heureusement, comme dans ce double roman, tout n’est jamais entièrement sombre et tragique : et si, au plus profond de l’enfer, subsistaient la lumière, l’inattendu, l’espoir, contrairement à la légende de la boite de Pandore ?

Et comment ne pas éprouver un petit coup de coeur pour les attachants et émouvants personnages rencontrés au fil des pages, ces intrépides hommes et femmes capables de courage et d’abnégation, ces êtres qui luttent contre le temps, les éléments et leurs semblables, tout en ignorant le destin implacable et extraordinaire qui est le leur ?

En savoir plus

  • Sachez que, bien qu’il soit question ici d’une épidémie, ce roman a été écrit avant l’épidémie covidienne ! (Parution en 2018). L’écrivain semble donc avoir été doué d’une certaine prescience comme… (chut, je ne dévoilerai pas un des secrets « du » roman…). Cependant, le virus qu’il décrit est beaucoup plus mortel et expéditif que celui a parfois hanté nos jours et nos nuits…
  • Une suite de ce roman a été écrite par Adrien Mangold : « Prototypes», paru en novembre 2019 aux éditions de L’Homme Sans Nom (HSN). Il se déroule toujours dans le même univers, un siècle après les évènements de « Seconde Humanité », mais évidemment avec une intrigue et des personnages différents. (Ne l’ayant pas encore lu, je ne peux assurément pas vous donner mon avis à son sujet).                     

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