Humains

« Humains » est un roman de Matt Haig qui met en scène, avec humour, un extraterrestre découvrant la nature humaine. Paru en version originale en 2013 (Canongate Books Ltd), sa traduction française (par Valérie Le Plouhinec), a été publiée chez Hélium/Actes Sud en 2014.

Dans la peau d’un Humain

Humains de Matt Haig - Hélium
"Humains" de Matt Haig © Hélium / Actes Sud - Illustration de couverture de Joëlle Jolivet

Les mathématiques à la base de tout

Extraterrestre propulsé dans la peau d’un mathématicien célèbre, il est désormais Andrew Martin. Sa mission : détruire toutes les traces des derniers travaux mathématiques de cet universitaire (concernant l’hypothèse de Riemann), et… les personnes au courant de sa dernière découverte.

Parce que les humains ne sont pas prêts à recevoir ce savoir et parce que les aliens aimeraient qu’ils ne le soient pas.

L’inconnu et l’improbable

Comme on peut s’y attendre, tout est étrange pour cet Andrew Martin, et il lui faut un certain temps pour assimiler les us et coutumes des humains et leur aspect physique qu’il trouve vraiment… laid ! :

« Le visage a lui seul présente une grande variété de curiosités hideuses. Un appendice nasal central protubérant, des lèvres à la peau fine, des organes auditifs externes primitifs appelés « oreilles », des yeux minuscules surmontés de « sourcils » d’une insondable inutilité. » (Matt Haig – Point de vue de l’extraterrestre)

Notre apprenti humain est tellement ignorant des mœurs humaines qu’il ne sait pas, au départ, qu’il doit porter des vêtements, et se fait arrêter pour outrage à la pudeur !

Mais peu à peu, alors qu’il doit apprendre à vivre en compagnie de « sa » femme et « son » fils, il commence à ressentir quelque chose d’inédit pour lui : des émotions.

Comment pourra-t-il accomplir sa mission s’il commence à s’attacher aux humains ? Que vont en penser ses semblables ?

Un écrivain philosophe

Avec de l’humour au départ remplacé peu à peu par une certaine mélancolie, Matt Haig nous distille quelques petites leçons de vie : pour comprendre l’Autre, il faut se mettre à sa place. Ce qui n’est pas évident pour un extraterrestre qui considère l’humanité comme futile et dérisoire :

« Pour ceux qui l’ignoreraient, l’humain est une forme de vie réelle, bipède, d’intelligence médiocre, qui mène une existence largement bercée d’illusions sur une petite planète aqueuse, dans un recoin très isolé de l’Univers. » (Matt Haig – Point de vue de l’extraterrestre)

De plus, les défauts inhérents à l’espèce humaine ne sont pas mis sous le tapis : la violence, la stupidité, etc.

Comme à son habitude, l’auteur s’interroge aussi sur le sens de la vie et sur le temps qui passe, sur la mortalité inhérente à notre espèce (voir ses autres romans How to stop Time  et  La Bibliothèque de Minuit).

Tour à tour amusant, cynique, grave et mélancolique, Matt Haig, via le personnage d’extraterrestre qu’il met en scène, reste optimiste et nous incite à regarder le verre à moitié plein, à considérer les bons côtés de la vie sur Terre : la beauté d’un coucher de soleil, la douceur de la poésie, l’émotion engendrée par la musique, et le sentiment qui vaut, pour lui, le plus la peine d’être ressenti, l’amour.

P.S. Je ne comprends pas vraiment pourquoi ce roman est souvent classé en littérature jeunesse car il est, pour moi, à destination de tout public. Peut-être parce que l’écrivain, via l’extraterrestre, distille sur deux pages, des conseils à un adolescent ?

Pourtant, les codes de la littérature dite Young Adult    ne sont pas spécialement présents…

Mais il faut néanmoins souligner que l’auteur s’intéresse, pour une fois, au mal-être que peut ressentir un adolescent à cette époque de sa vie…

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