L’oiseau moqueur

« L’oiseau moqueur » est un roman dystopique de l’américain Walter Tevis qui nous présente un avenir sombre pourtant porteur d’espoir. Il est paru en français tout d’abord aux éditions Gallimard en 2005 puis aux éditions Gallmeister en 2021 (avec une traduction de Michel Lederer).

L_oiseau moqueur - Walter Tevis
"L'oiseau moqueur" de Walter Tevis © éditions Gallmeister - Belle illustration de couverture d’Alexander Wells

Une dystopie originale où l'espoir persiste

Un avenir pas terrible

Dans un avenir indéterminé, les êtres humains ont laissé le pouvoir aux robots qu’ils ont créés et ne désirent plus grand-chose à part se gaver de drogues et de tranquillisants pour fuir toute réalité pénible. Ils ne savent même plus lire ni écrire !! 

Les cours que suivent les étudiants sont à pleurer (oui, parce qu’il y a quand même des universités !).

D’autre part, vous ne pouvez manifester de la colère ou du chagrin en public, chacun vit pour lui-même sans s’intéresser aux autres parce qu’on peut être accusé d’« Intrusion dans l’Intimité » et être dénoncé aux « Détecteurs ». Et que dire de l’amour qui ne se réduit plus qu’à des relations sexuelles « vite faites, bien faites » !

Autant dire que la société est en pleine déliquescence… Et pourtant, elle survit. Avec peine puisque les dépressions et les suicides augmentent, peut-être parce que les humains se rendent compte inconsciemment qu’ils ont perdu une partie de leur âme. 

Comme l’a écrit Voltaire (dans « Candide »), puis d’une manière légèrement différente, Aldous Huxley, les humains de cette société pensent « que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Et pourtant, on impose à tout homme et toute femme, des règles qui réduisent leur humanité, alors que le fait de vivre dans cette sorte de dictature hédoniste ne les incite même pas à la rébellion. 

Le robot qui voulait mourir

Au sein de cette société despotique « vit » Spofforth, un robot, ou plutôt un androïde un peu spécial puisqu’on lui a greffé le clone d’un cerveau humain « remanié ». Il n’est donc pas tout à fait comme les autres. Il est même le plus évolué des androïdes, appartenant à la Classe 9 (le dernier du genre), ce qui fait de lui un personnage ayant beaucoup de pouvoir au coeur de la cité de New York.

Et étonnamment, il éprouve des émotions : une mélancolie persistante le déprime. Il tombe même amoureux, alors qu’il n’a pas été conçu pour avoir la moindre relation sentimentale ou sexuelle ! Malheureusement il est indestructible et n’a pas la possibilité de « stopper son fonctionnement », alors qu’il en assez de vivre et voudrait en finir.

« Mais son corps, il le savait, ne lui appartenait pas. Il avait été conçu par des êtres humains et seul un être humain pouvait le faire mourir. » (Walter Tevis)

Celui qui apprend à lire

Parmi les humains, Paul végète mais découvre des vieux films et des livres interdits puis oubliés depuis des siècles. Il décide alors d’apprendre à lire et à écrire, sans savoir que cette volonté d’apprendre lui ouvrira une porte vers la connaissance de lui-même et du monde, ainsi qu’un aperçu de la liberté oubliée.

Recruté par Spofforth pour écrire les sous-titres de vieux films muets, il s’émancipe peu à peu jusqu’à devenir un hors-la-loi qui doit trouver sa nouvelle voie et un nouveau mode de comportement s’il veut survivre. Grâce à Mary-Lou qu’il rencontre dans un zoo, il découvre même le sentiment amoureux.

« Et je ressentais à présent quelque chose d’entièrement nouveau, de si excitant, de si irrésistible, et de si bouleversant pour mon corps et mon imagination, que je me retrouvai assis par terre, son visage contre le mien, et que je me mis à pleurer ». (Walter Tevis)

Une jeune femme rebelle

Mary(-Lou) est une jeune femme qui semble toujours avoir été intelligente et un peu rebelle, essayant de casser les codes qu’on lui impose. Sa rencontre avec Paul puis Spofforth changera pourtant sa vie à jamais.

Mon avis

Les romans dystopiques sont nombreux parce qu’ils sont à la mode, mais j’ai aimé celui-ci parce qu’il sortait du lot. L’écrivain nous présente une triste société et pourtant l’espoir de jours meilleurs persiste. 

J’ai aussi aimé le fait que les humains pourront être sauvés un jour par… les livres !   

L’auteur nous rappelle que la lecture apporte la connaissance, le savoir, et qu’en s’en privant (comme dans «Fahrenreit 451 »), l’humanité perd son histoire, son passé et son âme.

P.S. Saviez-vous que Walter Tavis était aussi l’auteur de « L’Arnaqueur » (The Hustler), de sa suite « La couleur de l’argent » (The Color of Money), adaptés en films par Robert Rossen et Martin Scorsese, et qu’il a aussi écrit « Le Jeu de la Dame » (The Queen’s Gambit), une série sur les échecs qui a eu beaucoup de succès récemment ?

Ce beau roman est présent chez la sympathique librairie ludique et boutique en ligne L’ANTRE TEMPS ici .

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Et voici d’autres dystopies dont je parle brièvement dans ce blog et qui pourraient peut-être vous intéresser : 

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